Optimisation de site web pour les grandes entreprises #3 : SEO multilingue
« L’optimisation de site web pour les grandes entreprises » est une série conçue pour aider les marketeurs et les spécialistes du SEO à comprendre comment optimiser les sites d’entreprise pour le SEO local.
Dans la première partie de cette série, nous avons abordé les choix de domaine pour le SEO local, avant d’enchaîner sur les structures d’URL pour le SEO local des grandes entreprises dans la deuxième partie. Dans cet article, penchons-nous de plus près sur le SEO multilingue.
Commençons par une question.
Les langues ont-elles un impact sur le SEO local de mon site web ?
En bref : oui.
Google a confirmé que proposer des pages multilingues sur un site multirégional facilite l’optimisation pour les moteurs de recherche. Google fournit d’ailleurs des informations détaillées sur les meilleures pratiques en matière de localisation de sites selon les langues régionales. La priorité absolue de Google est de garantir la meilleure expérience possible aux internautes lorsqu’ils visitent un site : il est donc essentiel de vous concentrer sur ce point. Tout ce qui contribue à une meilleure expérience utilisateur constitue un potentiel facteur de classement en recherche locale.
Cela s’explique principalement par le fait que les internautes des pays ou régions non anglophones effectuent généralement leurs recherches dans leur langue maternelle. En optimisant votre site pour vous positionner sur ces termes et expressions locaux, vous augmentez vos chances d’apparaître sur vos mots-clés cibles locaux. Adapter votre site aux langues régionales présente également bien d’autres atouts.
Le multilingue booste donc le SEO local de votre site. Mais par où commencer ?
L’étape zéro consiste à déterminer s’il est pertinent d’investir du temps dès maintenant dans la création d’un site multilingue.
Dois-je créer un site multilingue pour mon entreprise ?
Pour le savoir, le moyen le plus simple consiste à analyser l’audience de votre site web.
Bien souvent, vous avez déjà une idée assez précise du profil de vos clients, surtout si vous dirigez une entreprise présente dans plusieurs pays ou régions. Toutefois, pour obtenir un tableau précis de votre audience et de la langue dans laquelle elle s’exprime et effectue ses recherches, un outil comme Google Analytics vous permet de faire le point en moins d’une minute.
Rendez-vous sur le compte Google Analytics de votre site et cliquez sur Audience > Données géographiques > Langue dans le menu latéral pour consulter les préférences linguistiques de vos visiteurs.
Vous pouvez également consulter la section Audience > Données géographiques > Zone géographique pour ventiler vos sources de trafic par pays. Cliquez sur l’un de ces pays pour afficher une répartition plus détaillée de votre audience par région ou département.
Vous pouvez aller encore plus loin et analyser le chiffre d’affaires généré par chaque pays grâce à Google Analytics (veillez à configurer le suivi e-commerce et des revenus au préalable).
Cela vous permettra de déterminer rapidement si vous devez vous lancer dans le SEO multilingue pour votre site. (Découvrez comment exploiter les fonctionnalités avancées de Google Analytics pour votre entreprise ici !)
Inutile de mobiliser toutes vos équipes pour optimiser votre site dans d’autres langues si plus de 90 % de votre trafic provient d’une audience anglophone (ce pourcentage peut varier selon votre secteur d’activité). Cette infographie vous aidera à y voir plus clair.
En revanche, si vous constatez qu’une part significative de votre trafic provient de pays ou de régions non anglophones, il devient tout à fait logique d’optimiser votre site pour ces langues régionales.
Travailler la localisation de votre site vous permettra de vous positionner sur des mots-clés locaux plus pertinents et de générer davantage de trafic organique.
Ce guide étape par étape vous aidera à structurer votre démarche d’optimisation pour le SEO multilingue.
Localiser votre site web grâce au SEO multilingue
Étape 1 : Traduire vos contenus
Sans surprise, la première étape pour localiser votre site consiste à en traduire le contenu. Mais cela nous amène aussi au premier piège à éviter de cet article.
Ne traduisez pas le contenu de votre site à l’aide d’outils comme Google Translate.
Comme l’a confirmé Matt Cutts, Google pénalise les sites web qui utilisent du contenu traduit automatiquement ou généré de manière automatisée pour leurs pages : c’est donc une très mauvaise pratique pour votre SEO local. Comme nous l’avons évoqué plus haut, la priorité de Google est d’offrir une excellente expérience utilisateur, et la traduction automatique non relue aboutit presque systématiquement à une mauvaise UX.
Si vous décidez de localiser votre site dans des langues régionales, collaborez avec des locuteurs natifs pour mener à bien ce projet. Vous pouvez également confier cette tâche à une agence spécialisée en traduction ou passer par une plateforme comme ProZ.
Ne gaspillez pas vos ressources à traduire l’intégralité de votre site d’un coup. Beaucoup d’entreprises opérant sur plusieurs régions ne commercialisent qu’une partie de leurs produits ou services à l’international. Dans ce cas, il est bien plus judicieux de ne traduire que les sections pertinentes dans les autres langues régionales.
Étape 2 : Retour aux URL
Une fois vos pages traduites, vous vous demanderez très probablement où les héberger.
En clair, une fois vos pages traduites prêtes, vous devez vous assurer que ces versions localisées touchent la bonne audience. Pour guider les moteurs de recherche, vous pouvez opter pour des sous-domaines, des sous-dossiers ou des ccTLD géociblés.
Examinons des exemples pour chacun de ces trois cas de figure.
Utiliser des sous-dossiers / sous-répertoires
Par exemple, avec des sous-dossiers, vous hébergeriez la version anglaise (US) de votre site sous « https://example.com/en-us/product1 » et la version française sous « https://example.com/fr-fr/product1 ».
Si les sous-dossiers sont très simples à mettre en place et ne nécessitent quasiment aucune maintenance, ils ne constituent pas forcément la solution la plus efficace pour géocibler votre contenu.
Utiliser des sous-domaines
Vous pouvez également recourir à des sous-domaines en hébergeant la version anglaise (US) sous « https://us.example.com/product1 » et la version française sous « https://fr.example.com/product1 ».
Les sous-domaines sont faciles à créer et permettent de segmenter efficacement votre site.
Utiliser des ccTLD
Vous pouvez enfin utiliser des ccTLD en hébergeant la version anglaise (US) sous « https://example.us/product1 » et la version française sous « https://example.fr/product1 ».
Les ccTLD représentent sans doute la méthode la plus claire pour géocibler vos contenus et vos sites, mais ils exigent une maintenance plus lourde et s’avèrent plus coûteux.
Google propose un article complet détaillant les avantages et inconvénients de chaque méthode. Prenez le temps de le consulter avant de choisir l’emplacement de vos pages traduites.
Pour en savoir plus sur l’optimisation de la structure des URL pour le SEO local des grandes entreprises, consultez cet article.
Étape 3 : Utiliser hreflang
Une fois les versions régionales de vos pages hébergées sur votre site, vous devez vous concentrer sur deux points :
- Indiquer aux moteurs de recherche que votre site est multilingue et que la version appropriée de la page doit s’afficher lorsque les internautes locaux effectuent une recherche.
- Indiquer aux moteurs de recherche que les pages au contenu traduit ne sont pas des doublons
Même si ces situations finissent parfois par se régler d’elles-mêmes, nous vous recommandons de garder la main dessus pour obtenir les meilleurs résultats. Heureusement, il existe une solution éprouvée (30 problèmes courants de SEO local et leurs solutions) pour régler ces deux cas de figure. Et c’est là qu’intervient hreflang.
Qu'est-ce que l'attribut hreflang ?
L’attribut hreflang permet d’indiquer explicitement aux moteurs de recherche la langue utilisée sur votre page web. Ainsi, les moteurs de recherche peuvent proposer la bonne version (traduite) de votre site lorsqu’un internaute effectue une recherche dans cette langue.
Comment utiliser l'attribut hreflang sur votre site ou vos pages web ?
La syntaxe standard de hreflang sur les pages web est la suivante :
Rassurez-vous, ce n’est pas si technique que ça. Décortiquons tout cela ensemble.
link rel=“alternate”
Cette partie du code sert simplement à signaler aux moteurs de recherche qu’il existe des versions alternatives de cette page. C’est aussi simple que cela.
href=”https://examplewebsite.com”
Cette partie du code indique quelle version du site vous souhaitez afficher selon l’audience ciblée. Par exemple, si vous voulez que https://examplewebsite.com/en-us/ apparaisse pour les internautes anglophones aux États-Unis et https://examplewebsite.com/fr-fr/ pour les francophones en France, il vous suffit d’insérer les lignes de code suivantes sur les deux pages correspondantes :
Dans la partie hreflang=”en-us”, « en » désigne la langue de l’utilisateur, tandis que « us » précise sa zone géographique. Ainsi, l’URL https://examplewebsite.com/en-us/ ne sera présentée qu’aux internautes anglophones situés aux États-Unis.
Vous pouvez également ajouter cet extrait de code pour indiquer aux moteurs de recherche que pour tous les autres utilisateurs anglophones, « https://examplewebsite.com/ » est la page à privilégier :
Notez que les indicateurs géographiques comme « us », « fr », etc., dans les attributs hreflang doivent respecter le format ISO 639-1. L’utilisation de valeurs non conformes à ces normes sera considérée comme invalide par les moteurs de recherche.
Sachez également que l’attribut hreflang n’est pris en compte que par Google et Yandex. Pour les autres moteurs de recherche, vous pouvez utiliser la balise meta suivante :
meta http-equiv=“content-language” content=“en-gb”
Voici un article d’Aleyda Solis qui détaille le fonctionnement de hreflang. Vous pouvez aussi utiliser ce générateur de balises hreflang gratuit pour vous faciliter la tâche.
Étape 4 : Adapter l'interface utilisateur (UI)
Il y aura toujours des cas particuliers au sein de votre audience cible. Par exemple, un internaute français en déplacement en Espagne peut faire une recherche en anglais sur Google, atterrir sur la version américaine ou espagnole de votre site, mais préférer consulter la page en français.
Pour offrir aux visiteurs la possibilité de changer de langue, vous devez intégrer un sélecteur dans l’interface de toutes vos pages web (ou du moins sur les pages traduites). Vous avez certainement déjà vu cela sur de nombreux sites : de petits drapeaux permettant de modifier la langue d’affichage.
Comme ceci :
Cela ouvrira une fenêtre modale ou vous redirigera vers une page dédiée, comme ici :
Cet élément est essentiel car il donne à l’internaute le contrôle total sur sa langue de navigation. Impossible de deviner avec certitude la langue préférée de chaque visiteur : il est donc toujours judicieux de lui laisser le choix.
Cela peut également inciter vos visiteurs à rester plus longtemps sur votre site (durée de session), ce qui est excellent pour vos performances et votre SEO.
Étape 5 : Mesurer vos résultats
Et voilà ! Une fois la localisation multilingue de votre site d’entreprise terminée, il est indispensable de mesurer l’impact de ces modifications sur votre trafic. Analysez si le temps moyen passé par les visiteurs selon leur région a progressé et observez l’évolution du trafic en provenance des différents pays.
Mesurer l’impact de chaque projet sur la croissance de votre entreprise est capital : il serait dommage de déployer tous ces efforts sans évaluer les retombées concrètes.
Pour vous aider à garder en tête les bonnes pratiques et les pièges à éviter en matière de SEO local multilingue, nous vous avons préparé une checklist récapitulative à garder sous la main.
SEO local et langues : les meilleures pratiques
À faire :
- Commencez toujours par une analyse pour confirmer la pertinence d’un site multilingue avant de vous lancer
- Respectez systématiquement le format ISO 639-1 pour les codes de langue et de région dans vos attributs hreflang
- Proposez à vos utilisateurs des options pour choisir leur région ou leur langue sur l’ensemble de vos pages web
À ne pas faire
- N’utilisez jamais de traduction automatique brute sur vos pages web
- N’utilisez jamais de paramètres d’URL du type « https://examplesite.com?loc=fr » pour héberger vos pages traduites
Nous voici au terme de cet article sur l’optimisation du SEO local grâce aux langues. Dans la quatrième et dernière partie de cette série, nous aborderons le SEO local on-page et les leviers d’optimisation de votre site pour vous positionner sur les recherches locales. Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir ce dernier volet directement dans votre boîte de réception !